« Moi ce que j’aime, c’est les monstres », des louanges bien méritées !

coupdecoeurHellow le monde sous-marin,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’une lecture qui m’a littéralement fascinée.

Pour vous remettre dans le contexte, sachez que je travaille (à moitié pour l’instant) en bibliothèque publique et que je m’occupe, entre autres, de la section des bandes dessinées. Je me suis dit que pour mieux conseiller les lecteurs, il fallait que j’explore un peu plus les BD que nous achetons mes collègues et moi. J’en ai donc emprunté quelques-unes dont Moi ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris sur laquelle j’avais lu des éloges mais pour lesquelles j’étais réellement sceptique.

Je trouvais les dessins affreux et je ne voyais pas ce qu’on pouvait trouver là-dedans. Mais justement, j’étais curieuse de voir comment des dessins si « moches » pouvaient plaire autant.

Je regrette d’avoir penser cela. Je suis ressortie de ma lecture complètement fascinée, happée, par cet univers graphique et surtout cette histoire et ses personnages. Comme quoi, il ne faut jamais juger sur l’apparence.

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant. Dans cette oeuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d’un Crumb et l’univers de Maurice Sendak. (Je plussoie cette citation du résumé officiel, alors je la partage)

Nous nous retrouvons propulser dans le Chicago des années 60 en compagnie de Karen (Kare pour les intimes), une petite fille atypique qui rêve de fuir la réalité de notre monde en devenant un monstre. Elle est fascinée par les vampires, loups-garous, momies et autres créatures horrifiques. Mais est-ce vraiment d’eux dont l’humain doit se méfier ?

Sa superbe voisine Anka est retrouvée morte et tout penche pour la thèse du suicide. Sauf que Karen n’y croit pas et décide de mener sa petite enquête tout en jonglant avec ses soucis familiaux, ses soucis à l’école, et sa fascination pour les monstres.

Que dire ? Je suis séduite.

Chaque planche est un vrai régal. Ce n’est pas une bande dessinée, c’est un véritable roman graphique (ce terme prend tout son sens à cette lecture) qui est très prenant. L’histoire se présente sous forme de journal intime et ce sont les dessins de Kare qui nous raconte tout.

Ce personnage principal est hyper attachant. L’univers est sombre mais la vision d’enfant de Kare apporte de la légèreté et même de l’humour dans un contexte pas si drôle. L’avancée dans l’enquête est addictive, on veut tout savoir. D’autres personnages cachent également des choses et on a une envie folle de tout découvrir en compagnie de Kare. Nous sommes dans un polar, amenant des éléments historiques, et critiquant la société.

Tous les dessins sont réalisés au stylo. C’est incroyable ! Il y a d’ailleurs des reproductions de tableaux célèbres lorsque Karen se rend dans un musée et c’est hyper impressionnant.

Si comme moi, vous trouvez les dessins moches à l’origine, sachez qu’ils ne le resteront pas longtemps à vos yeux si vous vous lancez dans cette trépidante lecture. Plus on est au contact du style des dessins de l’auteure, plus on l’apprécie. On en arrive à trouver les monstres jolis.

Ça ne fait pas partie des raisons pour lesquelles j’aime cette histoire, mais quand on sait que l’auteure Emil Ferris a traversé des moments compliqués, ne pouvait plus marcher ni utiliser sa main droite pour dessiner et s’est « scotché » un stylo à la main pour commencer ce roman qui lui a demandé 6 ans de travail, on ne peut qu’être encore plus impressionné. Chapeau l’artiste ! Une histoire incroyable derrière un roman graphique incroyable.

Autoportrait d’Emil Ferris dessinant Karen Reyes, l’héroïne de « Moi ce que j’aime c’est les monstres » ♥

J’ai terminé ma lecture en mode « AAAAAAAAARGHHH NAAAAN #(çyi!=ù^@!!!! impossible que ce soit fini ! » et en effet, un tome 2 ne devrait pas tarder à voir le jour. Et je vous garantis que je l’attends de pied ferme !

Si vous avez des lectures dans ce style à me conseiller, je suis preneuse. Et j’espère que je vous ai donné envie de jeter un oeil à cette belle oeuvre qui mérite franchement qu’on s’y intéresse de plus près et qui, je pense, marquera les esprits.

En attendant…À la prochaine !

 

 

 

 

No Comments

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :