Fuite d’huile…de palme !

L’huile de palme est la cause de nombreux problèmes. Étant l’huile la moins chère et la plus facile à produire, les industriels s’en sont emparés à grand échelle. Si grande échelle, que les conséquences de notre consommation actuelle risque d’être désastreuse à de nombreux niveaux. Faites un simple test : allez dans un supermarché classique, prenez n’importe quel aliment transformé et regardez la liste des ingrédients. C’est hallucinant comme ce produit est présent dans tout ! Près de 50% des produits vendus en supermarchés contiennent de l’huile de palme. Imaginez un peu la quantité présente dans nos produits au quotidien. Sans compter évidemment la présence dans les cosmétiques et les produits ménagers…

 

 

Désormais, je fuis l’huile de palme comme la peste. Pour toutes ces raisons :

1/ La déforestation et la pollution

Les palmiers se cultivent en monoculture et ne sont exploitables que 20 ans. Les terres sur lesquelles ils sont cultivés sont d’abord déboisées par le feu. Cette méthode en plus d’être polluante est dangereuse. La culture des palmiers se fait bien sûr à coup d’engrais et pesticides et rien d’autre ne pousse sous les palmiers. Ce qui laisse place ensuite à un sol dégradé et massacre la biodiversité. C’est la course aux palmiers, quitte à tout détruire sur son passage.

Environ 15 millions d’hectare sont consacrés à la culture de palmiers en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie du Sud. L’Indonésie et la Malaisie sont en top du classement, représentant à seulement deux pays 80% de la production mondiale.

Du coup, en seulement 50 ans, l’Indonésie a perdu la moitié de ses forêts!  2 millions d’hectare de forêts indonésiennes disparaissent chaque année. Et on estime que 98% des forêts tropicales d’Indonésie pourrait disparaître d’ici 2021. Or, la faune et la flore des ces forêts est particulièrement riche et dense.

2/ La grande menace sur différentes espèces

De nombreuses espèces remarquables qui ne vivent qu’en Indonésie ou en Malaisie sont menacées par cette déforestation massive : les orangs-outans, gibbons, éléphants et tigres de Sumatra sont en voie d’extinction à cause de l’huile de palme. Il arrive qu’ils errent des jours et des jours dans ces plantations de palme, à la recherche d’eau et de nourriture, sans succès. Ils finissent par mourir soit de faim, de soif, ou encore tués par les exploitants d’huile de palme qui les considère comme des nuisibles…

3/ Une catastrophe aussi pour les êtres humains

En plus de détruire l’habitat des animaux, on détruit aussi celle de populations locales, qui se retrouvent volées et privées de leurs ressources habituelles. Une fois écartés de leur terre, ces habitants n’ont d’autres choix que de rejoindre les travailleurs précaires des exploitations de palmiers. Ils sont victimes d’accidents ou de maladies liées aux produits toxiques. Sans compter, les intimidations, violences et violations des droits de l’homme qui ont été recensées autour des palmiers…

4/ Les doutes sur l’huile de palme biologique et équitable

On pourrait alors se tourner auprès de produits utilisant l’huile de palme biologique ou équitable. Mais il n’existe pour l’instant aucun label certifié équitable pour l’huile de palme. Quant à la biologique, les critères pour les certifications ne sont pas assez élevés et ne règlent pas le problème de surconsommation. Car le problème (comme dans tout) est l’excès.

Éviter l’huile de palme, ce n’est pas facile mais j’y arrive !

Après avoir vu plusieurs documentaires, lu divers articles, j’ai décidé de ne plus faire entrer l’huile de palme dans mon caddie de courses hebdomadaire. Au début, c’est désespérant car il y en a vraiment dans tout. Au supermarché classique, le casse-tête est plus élevé mais une fois habitué, ça devient un jeu d’enfant. Évidemment, ce sera plus facile en magasin bio. Mais peu importe l’endroit, j’ai testé et c’est faisable. Il suffit de lire la composition des aliments.

Au supermarché/magasin bio :

  • Huile végétale. S’il n’est pas précisé laquelle, à coup sûr que c’est de l’huile de palme.
  • Elaeis guinensis : nom scientifique de l’huile de palme. Personnellement, je ne vois jamais ce genre de choses sur les produits que j’achète…mais sait-on jamais.
  • Tous les mots qui contiennent palm que ce soit à la fin, au milieu, au début.

Cuisinez vous-même vous facilitera à coup sûr la vie si vous recherchez une vie sans huile de palme ☺

Dans les cosmétiques :

23% de la production d’huile de palme est utilisée dans les cosmétiques. C’est donc un aspect à ne pas négliger.

Il faut se reporter à la liste INCI indiquant la composition du produit cosmétique. Elle est présente, en théorie, sur tous les emballages de vos cosmétiques. Il vous faut éviter :

  • Le suffixe capryl
  • Le préfixe lauryl, cetear, palm, stear, myr(ist), dodec

Là aussi, le nombre d’ingrédients composés à partir d’huile de palme est effarant. En tout cas, dans les produits classiques. Personnellement, j’ai trouvé de chouettes marques et alternatives. Je vous en parlerai régulièrement autour de ma rubrique écobeauté.

En conclusion…

J’avais envie de partager avec vous ce problème qui me touche beaucoup ainsi que les nombreuses recherches que j’ai faites avant de me lancer dans l’aventure no palm oil. Tout a commencé avec mon maristiti, dingue de primates et d’un documentaire sur les orangs-outans. Je me suis pris d’une affection folle pour ces grands singes impressionnants, et encore plus en les ayant rencontrés à Apenheul. Nous avons été choqués de ce qu’il se passait dans le monde de l’huile de palme, un peu à notre insu et en fouinant un peu, nous nous sommes dit que cette situation n’était pas normale. On n’a pas besoin que l’huile de palme se retrouve dans la composition de 50% des produits alimentaires ! On pourrait très bien s’en passer.

On l’a pris comme un défi. AHA ! Ah bon ! La société nous oblige à consommer cette huile à outrance. On va lui montrer qu’on décide nous-même!  On essaie donc d’éviter un maximum l’huile de palme. Après, il est clair que si je mange ailleurs que chez moi, je ne vais pas vérifier chaque aliment qu’on me sert. Si on m’offre un cosmétique qui contient le suffixe « capryl », je ne vais pas piquer une crise. Je ne suis pas parfaite et il arrive parfois que j’ai une irrémédiable envie de m&m’s…et tant pis pour une fois. Je pense que mes caddies hebdomadaires font déjà une sacrée différence dans la balance !

Un seul grain de riz peut faire pencher la balance. Un seul homme peut faire la différence entre victoire et défaite. – L’empereur de Chine dans Mulan (oui, j’ai des références sublimes)

Si on s’y mettait tous, imaginez la différence ! Les industriels finiraient par changer leurs habitudes. Et je suis peut-être une nunuche idéaliste, mais j’assume et j’espère que ce problème sera réglé un jour. J’aurai, en tout cas, la satisfaction de ne pas avoir participé.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout. Si cette cause vous touche, n’hésitez pas à partager cet article !

Sources/ en savoir + :

Sur le site ecoconso

Sur le site oolution

Sur le site de l’organisation Kalaweit pour la sauvegarde des gibbons et de leur habitat en Indonésie

Amnesty International et son rapport sur la fausse « huile de palme durable » et les travailleurs forcés

Bien évidemment, sur Greenpeace

PS : Je vous raconte ma vie à moi, je ne juge pas la vôtre ☺

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2 Comments

  • Sphinxou 23 janvier 2017 at 20 h 39 min

    Très intéressant ton article. J’essaye d’arrêter d’acheter des produits avec de l’huile de palme petit à petit; déjà je n’achète plus de nutella 🙂

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